Un ronronnement sourd qui vient de la cloison, quelques insectes velus qui traversent la pièce de temps en temps… Pas de panique. Avant de chercher à tout prix à déloger ces visiteurs, il faut comprendre de qui il s'agit et pourquoi ils sont là. Les bourdons que l'on confond souvent avec les frelons ou les guêpes sont en réalité des pollinisateurs d'une efficacité redoutable, capables de butiner par temps froid et sous la pluie. Leur présence dans un mur n'est pas une catastrophe, mais elle mérite qu'on s'y attarde.
Le bourdon, de son nom latin Bombus, appartient à la même famille que l'abeille (les apidés). Trapu, velu, rayé de noir et de jaune avec l'extrémité de l'abdomen blanche, il ne faut pas le confondre avec le faux-bourdon (le mâle de l'abeille domestique) qui, lui, ne butine pas. Une colonie de bourdons ne dépasse généralement pas 300 individus, ce qui est bien moins qu'une ruche. Son nid, de la taille d'une feuille A4, est constitué de petites boules de cire et de pollen. Le cycle de vie est annuel : seules les jeunes reines fécondées survivent à l'hiver en hibernant dans une cavité, pour fonder une nouvelle colonie au printemps suivant.

Comment savoir si c'est vraiment un nid de bourdon dans le mur ?
Avant d'agir, il faut être certain de l'espèce. Les bourdons choisissent souvent des cavités existantes pour s'installer : un trou dans l'isolation, un espace sous les tuiles, un ancien terrier de rongeur dans le mur, ou encore la laine de verre ou de roche de votre maison. C'est d'ailleurs un matériau qu'ils réorganisent à leur convenance sans le creuser vraiment. Le bruit que vous entendez est celui des ouvrières qui ventile le nid, surtout par temps chaud.
Pour reconnaître un nid de bourdon, cherchez ces signes :
- Un bourdonnement constant, plus fort en journée et qui peut s'intensifier lors des fortes chaleurs.
- Quelques insectes qui entrent et sortent par un point précis (trou de ventilation, joint défectueux, sous les cache-moineaux).
- Le nid lui-même, si vous parvenez à l'apercevoir, ressemble à un amas de petites amphores de cire pleines de miel et de pollen, un peu comme des céréales soufflées.
- Vous pouvez voir tomber de la terre ou des gravats : cela indique souvent la présence de galeries préexistantes, probablement creusées par des souris, que les bourdons ont réutilisées.
À l'inverse, un nid de guêpes a une structure en papier mâché gris, et les guêpes sont beaucoup plus agressives. Un nid d'abeilles, lui, est composé de rayons de cire réguliers.
Faut-il le détruire ou le laisser tranquille ?
C'est la question centrale. La réponse dépend de deux choses : votre sécurité et la localisation du nid. Les bourdons sont des insectes extrêmement pacifiques. Ils ne piquent que dans deux cas : si on les écrase ou si on agresse leur nid. Seules les femelles possèdent un dard, et leur venin, bien que douloureux, n'est dangereux qu'en cas d'allergie. Les mâles, eux, n'ont tout simplement pas d'aiguillon.
Si le nid est situé dans un mur qui donne sur l'extérieur ou dans une pièce peu fréquentée, la meilleure solution est souvent de ne rien faire. La colonie disparaîtra d'elle-même à la fin de l'été ou au début de l'automne. Comme le rappellent plusieurs spécialistes, les bourdons sont une espèce menacée, en constante régression. Les détruire sans raison est une erreur pour la biodiversité. En revanche, si le nid se trouve dans la chambre d'un enfant, dans une pièce de vie avec des personnes allergiques, ou si les insectes entrent régulièrement chez vous, il faut agir.

« Les bourdons n'occasionnent pas de dégâts significatifs dans les murs. Ils bidouillent l'isolant sans le creuser réellement. C'est plutôt de la réorganisation à leur goût. » — Extrait d'un échange sur un forum spécialisé.
Les erreurs à ne pas commettre face à un nid de bourdon
Quand on a peur, on a tendance à vouloir agir vite. Voici ce qu'il faut absolument éviter :
- Ne pas boucher l'entrée du nid. Si vous colmatez le trou, les bourdons, piégés, chercheront une autre issue. Ils pourraient alors traverser le mur et se retrouver à l'intérieur de votre maison, ce qui est bien pire.
- Ne pas utiliser d'insecticide classique. Les bombes du commerce sont souvent inefficaces contre les bourdons et tuent inutilement des insectes utiles. De plus, le produit peut imprégner l'isolant et créer un risque sanitaire.
- Ne pas tenter de déloger le nid vous-même. Grimper sur une échelle ou taper dans le mur pour faire fuir la colonie est la meilleure façon de se faire piquer à plusieurs reprises.
- Ne pas attendre si vous êtes allergique. Une piqûre de bourdon peut provoquer des réactions graves (urticaire géante, œdème de Quincke, syncope). Dans ce cas, l'intervention d'un professionnel est urgente.
Comment se débarrasser d'un nid de bourdon sans les tuer ?
Si la cohabitation est impossible, il existe des solutions respectueuses. L'idéal est de faire appel à un professionnel qui pratique le déplacement du nid. Certaines entreprises spécialisées dans la destruction de nids de guêpes proposent aussi un service de protection et de relocalisation des bourdons, souvent au même tarif qu'une intervention classique (à partir de 69,30 € pour un nid accessible, ce prix pouvant varier selon la hauteur et les moyens nécessaires).
Si vous voulez tenter une approche douce pour les inciter à partir, vous pouvez placer des boules de naphtaline à proximité de l'entrée du nid. L'odeur forte les dérange et peut les pousser à déménager. Une autre méthode consiste à utiliser de la fumée de soufre (via des plaquettes vendues en magasin de bricolage). Ces techniques ne tuent pas les insectes, mais elles les rendent la vie assez désagréable pour qu'ils cherchent un autre abri.
Que faire en cas de piqûre ?
Si malgré toutes les précautions vous ou un proche vous faites piquer, voici les gestes à connaître :
| Étape | Action |
|---|---|
| 1 | Approchez une source de chaleur (sèche-cheveux) sur la zone piquée pendant quelques minutes. La chaleur détruit une partie du venin. Attention à ne pas vous brûler. |
| 2 | Désinfectez la plaie avec un antiseptique. |
| 3 | Appliquez une poche de glace pour limiter le gonflement. |
| 4 | Si des démangeaisons ou des plaques apparaissent, consultez votre médecin. Un antihistaminique peut être nécessaire. |
| 5 | En cas de gonflement important le lendemain, utilisez une crème à base de cortisone. |
| 6 | Si votre état s'aggrave (difficultés à respirer, vertiges, urticaire généralisée), appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences. |
Pour finir, retenez ceci : un nid de bourdon dans le mur est rarement une urgence. Prenez le temps d'identifier l'espèce, évaluez le risque réel (allergie, proximité avec les enfants) et privilégiez la non-intervention ou le déplacement à la destruction. Ces insectes sont des alliés précieux pour votre jardin et pour l'environnement. Si le bruit vous gêne vraiment, sachez qu'il s'atténuera naturellement avec la baisse des températures, en août ou septembre. D'ici là, une petite astuce pour les empêcher d'entrer dans votre chambre : repérez la fissure ou le joint par lequel ils passent et bouchez-le provisoirement avec un peu de ruban adhésif ou de mastic, mais sans jamais obstruer l'entrée principale du nid. Cela vous laissera le temps de contacter un professionnel ou d'attendre la fin de la saison.