Dans la construction ou la rénovation, le choix des matériaux conditionne la performance énergétique des bâtiments. Parmi ceux régulièrement employés, la brique creuse de 5 cm d’épaisseur intrigue : certains la pensent isolante, d’autres lui reprochent sa faiblesse. Entre réalité technique et idées reçues, son pouvoir isolant mérite une analyse rigoureuse. Face à la réglementation actuelle et la quête de confort, il est essentiel de comprendre ce qu’elle apporte — ou non — en isolation thermique et quelles alternatives privilégier pour un habitat performant.
En bref :
- Pouvoir isolant extrêmement faible : la résistance thermique de 0,20 m².K/W place la brique de 5 cm très loin des exigences actuelles.
- Non adaptée pour séparer milieu chaud/froid : elle sert de cloison, pas de matériau isolant.
- Isolation thermique additionnelle obligatoire si le mur donne sur l’extérieur ou un espace non chauffé.
- Comparée aux solutions modernes, la capacité isolante de la brique est dérisoire pour 5 cm d’épaisseur.
- Solution préconisée : renforcement systématique avec une laine minérale ou un complexe isolant pour s’approcher des normes attendues.
Pouvoir isolant de la brique creuse de 5 cm : demystification
Souvent appelée « brique plâtrière », la brique creuse de 5 cm d’épaisseur occupe une place banale dans les cloisonnements intérieurs. Derrière son apparence familière, elle cache une capacité isolante quasi inexistante. Sa résistance thermique plafonne à 0,20 m².K/W, loin des 4 à 5,5 m².K/W imposés par la RE2020 pour les murs extérieurs des constructions neuves. Ce chiffre traduit une réalité : utilisée seule, la brique creuse ne sert pas de barrière thermique. Un fait fréquemment vérifié lors de rénovations, comme dans cette maison de Tours où le propriétaire, croyant avoir un mur « tolérant », s’est retrouvé confronté à une pièce glaciale l’hiver sans autre source de perte apparente.

Résistance thermique : comment est-elle calculée ?
La résistance thermique (R) illustre la capacité d’un matériau à ralentir la transmission de la chaleur. Elle se calcule par le ratio entre l’épaisseur en mètres et la conductivité thermique (lambda, λ). Pour la brique creuse en terre cuite, λ est d’environ 0,25 W/m.K. Appliqué à 5 cm, on obtient R = 0,05 / 0,25, soit 0,20 m².K/W. À titre comparatif, la laine de verre classique, pour la même épaisseur, offre une résistance thermique d’environ 1,25 m².K/W : plus de six fois supérieure. Ce différentiel démontre à quel point la brique de 5 cm ne constitue pas un matériau isolant, peu importe le mythe répandu dans certaines anciennes méthodes de construction française.
Tableau comparatif : performance des matériaux de construction
| Matériau | Épaisseur | Résistance thermique (R) |
|---|---|---|
| Brique creuse plâtrière | 5 cm | 0,20 m².K/W |
| Parpaing creux | 20 cm | 0,23 m².K/W |
| Brique alvéolaire (Monomur) | 37,5 cm | 3,50 m².K/W |
| Laine de verre (standard) | 5 cm | 1,25 m².K/W |
| Laine de verre (RE2020) | 14 cm | 4,35 m².K/W |
Ce tableau expose clairement la limite de la brique plâtrière face aux isolants modernes. Dans des projets récents, les entreprises du bâtiment refusent même de laisser un mur donnant sur un espace non chauffé sans doublage — une exigence largement partagée chez les artisans RGE, garants de la qualité.
Quand faut-il isoler un mur en brique creuse de 5 cm ?
La question ne se pose même plus pour les professionnels : toute cloison de brique creuse en contact avec un volume froid (garage, extension vitrée, extérieur) doit impérativement recevoir une isolation thermique additionnelle. Typiquement, on pose une ossature métallique pouvant accueillir une laine minérale (laine de verre ou laine de roche), refermée par une plaque de plâtre. Dans certains cas, un complexe « Placo + polystyrène » (10 mm + 40 mm) assure aussi la performance attendue et facilite la pose dans la rénovation de logements anciens souvent équipés de ces fameuses cloisons. En l’absence de cette précaution, la sensation de paroi froide se double d’une consommation énergétique accrue et d’un réel inconfort au quotidien. Pour garantir la performance globale, la mise en place de solutions modernes reste donc incontournable.
Brique de 5 cm : un matériau de séparation, pas d’isolation
Si la brique creuse de faible épaisseur est recherchée pour sa rapidité de pose et ses propriétés acoustiques, elle atteint vite ses limites en isolation thermique. Utilisée depuis des décennies en France pour monter rapidement des cloisons intérieures, elle assure une séparation physique et, dans une certaine mesure, améliore le confort sonore. Mais dès que la séparation implique une différence de température entre les deux volumes, l’absence d’un matériau isolant se fait immédiatement sentir. Ainsi, le retour d’expérience d’un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est sans appel : doubler systématiquement ces murs, c’est transformer une « passoire thermique » en véritable rempart contre les déperditions, pour des gains visibles sur la facture énergétique comme sur le confort perçu.
La brique creuse de 5 cm peut-elle servir comme mur extérieur ?
Non. Elle n’a absolument pas la capacité isolante nécessaire pour un mur extérieur, ni la résistance aux intempéries. En rénovation, il est impératif d’ajouter une isolation performante, par l’intérieur ou par l’extérieur.
Quel est l’intérêt de la brique creuse de 5 cm dans la construction ?
Son principal avantage est son poids léger et sa rapidité de pose pour créer des cloisons intérieures séparant des pièces chauffées. Elle offre également de bonnes caractéristiques acoustiques et une certaine régulation de l’humidité.
Pourquoi la résistance thermique est-elle si faible avec une brique plâtrière ?
Sa faible épaisseur, couplée à une conductivité thermique élevée (λ ≈ 0,25 W/m.K), explique sa performance médiocre en matière d’isolation. Seuls des matériaux spécialement conçus avec des vides remplis d’air ou des couches isolantes apportent une amélioration significative.
Est-il vraiment rentable d’isoler une cloison en brique de 5 cm ?
Oui, l’ajout d’une isolation adaptée permet de réduire les déperditions, améliore nettement le confort et se traduit par une diminution des dépenses de chauffage. Cette solution est plébiscitée en rénovation, surtout pour les murs en contact avec des zones froides.
Existe-t-il des alternatives performantes à la brique creuse de 5 cm pour isoler ?
Oui, on trouve sur le marché des briques monomur, des blocs béton isolants, ou l’emploi systématique d’isolants complémentaires (laine de verre, polystyrène, fibre de bois) intégrés dans des doublages, permettant d’atteindre les critères de la réglementation RE2020.